Le village

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Son histoire



Préhistoire

 Au sud du village, on retrouve plusieurs sites d'extraction et de taille de silex de la période chalcolithique (parfois appelé par quelques auteurs énéolithique1, mis en valeur par le musée de la Préhistoire.

 

Époque moderne et contemporaine

 D'après la carte de Cassini, planche 120 (Valence) levée de 1768 à 1776 et éditée vers 1779, le nom de la commune s'orthographiait alors Vascieux.

 En latin ordinaire, on trouve les libellés Vacivo, Vascivum, Vassivum, qui pourraient signifier Château, mais rappellent davantage le latin vacivus « non occupé », et qui sont à l'origine du gentilé actuel Vassivain.

 Avant 1790, le village était rattaché au diocèse de Die, archiprêtré du Royans-Vercors puis du Vercors. Pour l'administration fiscale et royale, c'était également une communauté de l'élection de Montélimar, subdélégation de Crest, et bailliage de Die.

 

Un peu plus tard, sous le cadastre napoléonien, le village porte le nom de Vassieu. Il est rattaché au district de Die.

 

Le village était, en 1793, dans le canton de Saint-Julien-en-Quint. Il fut rattaché au canton de La Chapelle-en-Vercors lors de la réorganisation administrative de l'an VIII (1799-1800).

 En 1911, Vassieux apparaît sous le nom de Vassieux-en-Vercors dans le Bulletin des lois.

 

Seconde Guerre mondiale

 En juillet 1944, les maquisards attendent l'atterrissage des premiers avions alliés sur la piste construite à proximité du village. Les Allemands pensent sans doute que la piste, aussi sommaire soit-elle, va permettre de débarquer des troupes en nombre important. Ils prennent donc les devants et, le 21 juillet, une opération aéroportée est lancée contre le village.

 Ce 21 juillet 1944 au matin, vers 7 h 30, vingt deux planeurs DFS 230 remorqués par des Dornier Do 17 décollent du terrain de Lyon/Bron avec chacun dix hommes à bord, dont le pilote. Le vol, qui dure une heure trente, est effectué sans problème particulier et les planeurs commencent à se poser très près du village, certains pratiquement à côté des maisons. L'arrivée de ces soldats est une surprise totale pour les résistants mais ils se ressaisissent rapidement et mettent en place des mitrailleuses. Plusieurs planeurs sont détruits durant l'atterrissage et certains équipages sont tués. Les Allemands se réfugient dans le village où ils résistent pendant toute la journée ainsi que le lendemain, les maquisards ayant monté une contre-attaque ; isolées, sans ravitaillement, les troupes allemandes vont se trouver à plusieurs reprises sur le point d'être anéanties. À cause des très mauvaises conditions météorologiques, elles ne peuvent recevoir de soutien aérien le 22 juillet ; il n'y a donc ni arrivée de renforts ni intervention de l'escadrille spécialisée dans la lutte contre les « terroristes ».

 Le 23 juillet, le beau temps étant revenu, vingt planeurs DFS 230 et un planeur lourd Gotha Go 242, remorqués par les mêmes avions que le 21 juillet, décollent de l'aérodrome de Chabeuil avec deux cents hommes et du matériel, notamment une pièce de 20 mm. Trois planeurs n'atteignent pas le plateau lors de ce vol du 23 juillet. L'un cassera son câble de remorquage, à la verticale de Marignac-en-Diois et deux avions remorqueurs se laisseront déporter à plus de 25 kilomètres au sud de la route prévue. Lorsqu'ils reprendront le cap nord en direction de Vassieux, ils seront pris dans les rabattants créés par le très fort mistral et les montagnes environnantes. Les câbles seront rompus. L'un d'eux aura son aile arrachée, et il s'écrasera près de Montjoux, tuant tous ses occupants2. Ce renfort va permettre de briser la résistance des maquisards, d’autant que les troupes terrestres commencent elles aussi à déboucher sur le plateau ce même jour. Le 26, les parachutistes brûlent leurs planeurs avant de descendre dans la vallée. Ce n'est que le 15 août que les Allemands auront évacué totalement le plateau.

 Pendant leur présence à Vassieux, les troupes allemandes se sont livrées à de très nombreuses exactions sur les habitants du village et des hameaux environnants, n’hésitant pas à mutiler et à torturer. L’équipe de la Croix-Rouge, montée par le col de Rousset, qui arrive à Vassieux le 9 août, découvre 73 habitants (sur une population de 430 habitants) et 91 résistants massacrés, les maisons détruites. Les assaillants ayant fait preuve d'une barbarie inhabituelle jusqu’alors, on a pensé et écrit (on continue à le faire encore parfois), que les assaillants étaient des Waffens SS. On sait aujourd’hui qu’il n’y pas eu de Waffen SS à Vassieux, ni ailleurs dans le Vercors. Les assaillants étaient en fait des parachutistes de la Luftwaffe et des Osttruppen composées de légionnaires des pays de l’est (Russes, Ukrainiens, Caucasiens). Il y avait également des Français à côté des Allemands. En effet, dans un planeur abattu le 21 juillet au hameau de La Mure, on a recensé huit morts, trois soldats d’origine française, quatre Ukrainiens et un officier. Les rares auteurs ayant écrit sur ce sujet ne s’accordent cependant pas sur l’unité d’appartenance de ces Français. Selon Alain Chazette, ils appartenaient à la 8e compagnie du 3e régiment de la division « Brandenburg » mais, pour Olivier Pigoreau, cette unité n’a pas combattu dans le Vercors mais seulement dans le sud de la France. Pour Philippe Hanus et Gilles Vergnon enfin, il s’agissait de supplétifs de la Gestapo de Lyon venus avec le Dr Knab, le chef du SIPO/SD.

 

Pour ses hauts faits de résistance durant l'Occupation, le village a reçu la Croix de la Libération par décret du général de Gaulle, en date du 4 août 1945. Le village est ainsi devenu la quatrième des cinq collectivités civiles françaises élevées au rang de Compagnon de la Libération avec la mention suivante :

 « Village du Vercors qui, grâce au patriotisme de ses habitants, s'est totalement sacrifié pour la cause de la résistance française en 1944. Principal centre de parachutage pour l'aviation alliée sur le plateau, a toujours aidé de tous ses moyens les militaires du Maquis dans les opérations de ramassage d'armes. Très violemment bombardé le 14 juillet, attaqué par 24 planeurs allemands les 21 et 22 juillet, a eu 72 de ses habitants massacrés et la totalité de ses maisons brûlées par un ennemi sans pitié. Martyr de sa foi en la résurrection de la Patrie. »

 

Le Mémorial de la Résistance, bâti au col de la Chau, et le musée départemental de la Résistance, implanté au village, conservent la mémoire de ces événements de la Seconde Guerre mondiale. Un cimetière situé au départ de la route qui mène au mémorial, créé dès 1945 à l'initiative du colonel Pierre Tanant, chef d'état-major du maquis, afin de réunir les corps des maquisards miliaires et civils tombés au combat, contribue également à perpétuer le souvenir et à honorer les victimes des évènements de juillet 1944. D'autres monuments disséminés dans le village et la campagne environnante rappellent des événements ponctuels.

 

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